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Le groupe rennais Vivalto Santé, qui détient 15 cliniques, a fait entrer de nouveaux investisseurs à son capital. Daniel Caille, son fondateur et P-dg, veut densifier ses présences en régions et être le premier groupe de santé français à partir à l'international. Interview.

Daniel Caille, vous avez terminé un nouveau tour de table début 2016. Pouvez-vous nous détailler la répartition de votre actionnariat?

Nous avons essayé d'amener de bons investisseurs, adaptés à nos métiers, c'est-à-dire qui investissent sur du long terme, pas des fonds de pension anglo-saxons. Sur les 257 millions d'euros qui constituent notre capital désormais, 65% sont détenus par nos investisseurs financiers au sein d'une nouvelle holding (Vivalto Santé Holding):       un tiers pour la Caisse des Dépôts et de fonds souverain d'Abou Dabi (Mubadala); un tiers pour la mutuelle des praticiens libéraux, la MACSF; et un tiers par Arkéa, BNP Paribas Développement, des caisses du Crédit Agricole et moi-même. Ensuite, 2% du capital est aujourd'hui aux mains des managers et cadres dirigeants de Vivalto Santé (soit 4,5M€). Nous avons aussi eu un enthousiasme de l'actionnariat médical, qui va représenter 33% du capital (90M€).

Les médecins ont donc réinvesti dans le groupe. À quelle hauteur?

Sur les 1.100 praticiens de Vivalto Santé, 360 sont actionnaires, soit un tiers. Ils avaient déjà apporté 45millions d'euros à notre capital, et ont doublé leur apport, dans le cadre de l'Offre décrite dans le Prospectus d'appel public à l'épargne visé par l'AMF début 2016: soit 45 millions supplémentaires. Leur part dans l'augmentation de capital devait être plafonnée à 27millions d'euros, donc nous allons régulariser l'excédent de 18millions d'euros auprès de l'AMF, en réalisant une nouvelle augmentation de capital technique. Cela portera notre capital à 275millions d'euros avant le mois de juin.

Pourquoi un tel investissement de leur part?

Nous avons un modèle unique au monde, et nos médecins y croient. Nous sommes une voie intermédiaire entre les établissements indépendants détenus uniquement par des praticiens et les groupes contrôlés exclusivement par des investisseurs financiers. Nous mettons aussi les moyens pour innover, afin notamment de faire gagner des parts de patientèle à nos praticiens. C'est le cas par exemple de plateformes de coordination de dossiers médicaux, qui sont actuellement en test, pour permettre aux équipes de garder le dialogue post-opératoire avec les patients, via leurs smartphones.

Quelles sont les perspectives de développement de Vivalto?

Nous n'allons pas chercher à grossir trop fort en France, mais plutôt densifier nos quatre plaques de présences régionales (Bretagne-Pays de la Loire, Normandie, Ile-de-France et Rhône-Alpes). Par contre, nous voulons exporter notre modèle de gestion et d'organisation à l'étranger. L'hospitalisation privée française est européenne! Nous sommes le seul groupe français à partir à l'international.

Quels sont les pays que vous visez en priorité?

Avant l'été nous allons signer des contrats de gestion en Afrique francophone. Nous allons apporter notre expertise, manager avec nos hommes, et partager les bénéfices. En parallèle, nous allons faire des entrées capitalistiques dans quatre premiers pays européens:       Pologne, Allemagne, Espagne et Portugal. C'est en discussion pour cette année. L'objectif est d'atteindre les 150millions d'euros de chiffre d'affaires à l'international d'ici à cinq ans.

En France, vous venez de racheter la clinique de l'Europe, à Rouen. Quelles sont les perspectives du développement de Vivalto Santé sur l'Hexagone?      

Notre plan de route est simple: nous voulons continuer à grandir, pour doubler notre taille avant 2021. Pour 2016, nous visons déjà les 400millions d'euros de chiffre d'affaires (contre 355millions en 2015). Cette croissance va passer notamment par le rachat de deux ou trois cliniques avant fin juin, dont une en Ile-de-France et une en Normandie. De cette manière, en 2021, notre chiffre d'affaires devrait dépasser les 600millions d'euros.

>Vivalto Santé (Saint-Grégoire). P-dg: Daniel Caille ; 4.200 salariés ; 1.154 praticiens ; CA: 355millions d'euros ; www.vivalto-sante.com

 

Propos recueillis par Virginie Monvoisin

JDE | Édition | 26 avril 2016