« Tous continents, les protections ne sont pas une solution ! » C’est le message que les urologues de l’AFU ont marteler à l’occasion de la Semaine de la Continence (du 15 au 21 mars dernier).
Quel que soit l’âge du patient et quelles que soient la cause et la sévérité de son incontinence, il existe toujours des solutions pour le soulager. Retour sur un type d’incontinence particulier : l’hyperactivité de vessie (différente de l’incontinence d’effort). 

L’hyperactivité de vessie est mal connue du grand public et même de certains médecins

Des vessies impatientes … L’incontinence urinaire par urgenturie est une autre forme d’incontinence, caractérisée par des envies soudaines d’uriner, difficiles à maîtriser. Elles sont dues à une hyperréactivité de la vessie. L’objectif des thérapies est donc d’apaiser cette vessie hyperactive. 

Les thérapies comportementales sont préconisées en première intention. Elles visent une « reprogrammation mictionnelle » : le patient apprend à se retenir, à aller moins souvent aux toilettes. Associées à des conseils hygiéno-diététiques (réduire ses apports hydriques, éviter l’alcool, le tabac et la caféine qui stimulent la vessie…), elles sont efficaces dans 20 à 30 % des cas.  La rééducation périnéale peut aussi améliorer la situation, tout comme les hormonothérapies locales (crème et ovules vaginaux).

Quand cela ne suffit pas, il faut en passer par un traitement chimique. Deux classes médicamenteuses, les anticholinergiques (anti-muscariniques) et, plus récemment, les beta3agonistes sont utilisées. Ces molécules « modulent la contractilité vésicale et surtout diminuent les signaux nerveux (l’afférence), l’information sur le remplissage… ». Les anti-muscariniques sont connus pour provoquer des sécheresses buccales et parfois des constipations. Les béta3agonistes n’ont pas cet effet secondaire mais, comme il existe des récepteurs béta au niveau du cœur et des vaisseaux, il est nécessaire de suivre la tension artérielle au début du traitement. Environ 30 % des patients sont « totalement secs » lorsqu’ils sont sous traitement. Un pourcentage important est amélioré, mais souffre encore de fuites. 

La stimulation électrique externe est une solution intéressante. En pratique, la méthode consiste à stimuler le nerf tibial, 20 mn chaque jour. La méthode est non invasive (l’électrodes collée sur la cheville le temps de la séance), sans effet secondaire, et efficace chez 40 % des patients. Seule contrainte : répéter la stimulation tous les jours. 

Si ces traitements associés sont mis en échec, il existe des traitements de deuxième ligne : la toxine botulique et la neuromodulation sacrée.

La neuromodulation sacrée

La neuromulation sacrée consiste à mettre en place une électrode au contact du nerf qui régule l’activité de contraction de la vessie. Il s’agit d’un « pacemaker de la vessie » utilisé pour traiter l’incontinence urinaire par hyperactivité de la vessie après échec des traitements de première ligne.  Elle nécessite un test préalable avec la mise en place d’une électrode temporaire et d’un boitier externe. On place alors une fine électrode au bloc opératoire au niveau du sacrum sous contrôle radiologique. La période de test dure en moyenne une quinzaine de jours avec un petit boitier externe. Pendant cette période, on notera sur un calendrier mictionnel à quelle heure on va uriner et le volume des mictions. 

Il s’agit d’une phase d’éducation du patient et de réglage pour trouver la bonne stimulation pour le patient. Chaque cas est différent et cette technique nécessite une adaptation personnalisée : on règle l’intensité, la durée et la fréquence des stimulations afin de trouver la combinaison efficace pour soulager le patient. Si le test est positif (70% des cas), l’implantation d’un boitier définitif (« pacemaker ») est proposée. Dans le cas contraire, on retirera l’électrode sous anesthésie locale.

Plus d’informations sur la neuromodulation sacrée ici

La toxine botulique : 

Les médecins proposent une injection de Botox lorsque les médicaments oraux sont mal supportés ou insuffisamment efficaces pour contrôler les contractions de la vessie. Ces derniers causent parfois des fuites urinaires et des envies d’uriner urgentes ou trop fréquentes. C’est une intervention de plus en plus utilisée chez les patients avec une vessie hyperactive idiopathique qui sont réfractaires au traitement médical et chez les patients avec une incontinence secondaire à un problème d’origine neurologique. La toxine botulique A (Botox) est injectée dans l’épaisseur de la paroi de la vessie. Le Botox réduit les contractions incontrôlées de la vessie. Il diminue le besoin urgent en agissant sur des terminaisons nerveuses contenues dans la paroi. Les fuites d’urines et les envies urgentes sont ainsi supprimées ou considérablement diminuées.

L’effet du Botox débute de deux à 10 jours après l’injection. Elle agit temporairement pendant en moyenne de six à neuf mois. Il existe cependant des variations d’efficacité d’un patient à un autre. Lorsque l’effet disparaît, on peut réinjecter cette toxine autant de fois que nécessaire en respectant un intervalle entre les interventions, soit de trois mois entre deux injections.

Plus d’informations sur la toxique botulique ici

Si vous souffrez d’incontinence urinaire, parlez-en avec votre médecin.

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