Le Dr Laurent Baverel, chirurgien orthopédiste, se charge à la Clinique du Pays de Rance de la chirurgie programmée de l’épaule depuis octobre 2019. Tour d’horizon, avec lui, des différentes interventions réalisées.

Réparer ou remplacer

« La chirurgie de l’épaule consiste, chez les jeunes sportifs entre 15 et 30 ans principalement, à opérer une instabilité de l’épaule ou des luxations récidivantes, explique le Dr Laurent Baverel. Il s’agit soit de réparer sous arthroscopie le bourrelet assurant la stabilité de l’épaule ou, lorsque celui-ci est trop déchiré ou qu’il existe des dégâts osseux, de réaliser une technique appelée “butée d’épaule” : l’os coracoïde de l’épaule est prélevé, puis fixé en avant de l’omoplate pour former un rempart empêchant la tête de l’humérus de se luxer à nouveau. »
À partir de l’âge de 45 ans, parfois du fait d’un traumatisme, les lésions des tendons de la coiffe des rotateurs sont fréquentes. Les tendons peuvent être juste inflammatoires (tendinopathie non rompue), mais sont parfois désinsérés de l’humérus (tendinopathie rompue). « L’opération consiste alors à les réinsérer dans l’humérus par une suture osseuse grâce à des fils accrochés à des ancres, sous contrôle de la caméra, explique le Dr Baverel. Cette réparation est complétée par un nettoyage de l’inflammation de l’épaule (bursite) et le rabotage de l’os acromion (acromioplastie), la partie supérieure de l’omoplate, à visée antalgique. »

Une solution : la prothèse

Lorsque la rupture des tendons de l’épaule est trop évoluée, c’est-à-dire avec des tendons écourtés ou une infiltration graisseuse musculaire, la réparation tendineuse devient non envisageable (on parle de rupture non réparable) et la prothèse s’impose. « 80 % des prothèses d’épaule implantées sont des prothèses totales inversées, préférentiellement utilisées lorsque les tendons sont très abîmés, indique le Dr Baverel. Les 20 % des prothèses restantes sont dites anatomiques, indiquées en cas de maladie arthrosique (omarthrose), de rhumatisme articulaire, de traumatisme ancien ou de nécrose de la tête de l’humérus, à chaque fois avec des tendons de la coiffe en parfait état de marche. » Le cartilage articulaire usé est alors remplacé par une prothèse partielle de l’humérus (hémiarthroplastie) ou par une prothèse anatomique totale d’épaule. D’autres interventions sont pratiquées, moins fréquemment, comme l’arthrolyse d’épaule, lorsque la mobilité de l’épaule est diminuée du fait de la formation de tissus adhérents (fibrose) dans l’articulation, au décours d’un traumatisme ou d’une immobilisation prolongée, ou d’une capsulite, lorsque la raideur est présente depuis plus d’un an. Enfin, des ostéosynthèses sont réalisées en cas de fracture humérale, à l’aide de matériel comme les plaques ou les clous centro-médullaires. Lorsque la fracture est très complexe et de ce fait non synthésable, la prothèse inversée peut parfois être le traitement indiqué.

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